
Je constate, et j’en fais aussi partie, qu’il peut y avoir parfois un filtre sur nos yeux qui nous rend incapables de véritablement manifester l’amour de Christ et de voir la présence de Christ chez nos frères et sœurs qui ont été sauvés et qui sont donc dans une nouvelle identité. Déjà à l’époque de Jésus, les apôtres se disputaient pour être le premier, pour être le meilleur. Ils voulaient tous dire : moi je, moi je, moi je ne ferai pas ça. Et pourtant, tous ont failli, tous l’ont trahi, tous Lui ont tourné le dos à un moment ou à un autre. Tous ont manifesté des choses qui n’étaient pas de Dieu. Mais Jésus ne s’est pas focalisé sur leurs failles : Il a aimé. Il a aimé même Judas. Il nous a montré comment laver les pieds sales des autres, comment mettre les autres au-dessus de nous, non pas en pointant du doigt ce que nous pensons être incorrect ou injuste, mais en couvrant par l’amour, en refusant d’étiqueter les gens selon leur ancienne existence.
La puissance du Verbe
Ce qui est dangereux, c’est que tout ce que l’on proclame finit par se manifester. Depuis mon enfance, j’ai vu combien le Verbe a façonné des vies, pour le bien ou pour le mal. Je viens d’une famille qui a été marquée par la malédiction des mots. Toute ma vie a été façonnée autour d’un Verbe erroné. Mes parents, mes aïeuls proclamaient des paroles qui se sont accomplies dans la douleur. Et moi-même, je me suis surprise à mettre des mots de malédiction sur ma propre vie. C’est l’œuvre de Satan, car il sait la puissance créatrice de la parole.
Mais Jésus nous a montré un autre chemin. Lorsque Lazare était mort, Il a proclamé : « Il dort ». Lorsque la femme au flux de sang L’a touché, Il n’a pas accusé, Il n’a pas accablé, Il a laissé Sa puissance de vie couler. Quand les pharisiens ont voulu lapider la femme adultère, Il a dit : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Jésus a toujours replacé le Verbe au centre, non pour condamner mais pour restaurer.
Aimer tout en accompagnant
Alors comment accompagner quelqu’un dans la guérison, dans la délivrance, sur le chemin de la vérité, sans l’accuser, sans le diminuer, sans le condamner ? Comment mettre les autres au-dessus de nous sans tomber dans une fausse humilité qui nous ferait croire que nous entendons Dieu mieux que quiconque ? Comment discerner entre la clairvoyance de la chair et la révélation véritable du Saint-Esprit ?
La réponse est simple : par l’amour. L’amour agapé, l’amour phileo. « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » (1 Corinthiens 13:2, AMPLIFIED). L’amour est la preuve que ce qui sort de notre bouche vient de Dieu. Car le Logos vivant, Jésus-Christ, s’exprime toujours dans l’amour.
Les blessures dans le corps de Christ
Ce qui me bouleverse, c’est que je n’ai pas encore beaucoup d’années en Christ, mais j’ai déjà constaté que l’orgueil, les disputes, les accusations sont parfois plus présentes dans les églises que dans le monde. Dans certains milieux du monde, j’ai vu plus de douceur, plus d’accueil, que dans le corps de Christ où, au nom de Jésus, certains se permettent de critiquer, de rabaisser, de juger. Mais la Parole nous rappelle que nos paroles ont un poids éternel : « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue » (Proverbes 18:21, AMPLIFIED). Nous sommes appelés à édifier, à bénir, à encourager, et non à proclamer des malédictions sur nos frères et sœurs.
Apprendre à s’excuser, à demander pardon, est une des plus grandes preuves d’humilité et d’amour. La véritable humilité, c’est reconnaître que nous ne sommes pas supérieurs, que nous pouvons nous tromper, mais que nous choisissons d’aimer quand même.
Les limites saines et le rôle du Verbe
Aimer ne veut pas dire tout tolérer. Il faut savoir poser des limites saines, non pas pour accuser mais pour protéger. Jésus n’a pas réagi à tout, mais Il a toujours répondu aux paroles. Il a dit « race de vipères » parce que la langue est le premier instrument qui ouvre la porte à la vie ou à la mort. Tout commence par le Verbe. « Au commencement était la Parole (le Verbe, le Logos), et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu » (Jean 1:1, AMPLIFIED).
C’est pourquoi tout dans nos vies tourne autour du Verbe. Pas autour des comportements, des démons, des maladies, mais des paroles. Ce que nous proclamons ouvre soit le ciel, soit l’enfer.
Pourquoi certains quittent les églises évangéliques
Beaucoup sortent des églises évangéliques non parce qu’ils rejettent Christ, mais parce qu’ils ont été blessés par le manque d’amour, les jugements, les abus spirituels, l’orgueil, les paroles mal utilisées. Ces blessures produisent des croyants isolés, déçus, parfois méfiants envers tout ce qui porte le nom d’« église ».
Ces personnes cherchent alors des lieux nouveaux, parfois informels, parfois en ligne, où ils espèrent trouver une authenticité et un amour véritable. Mais si ces communautés naissent d’une blessure et non de l’Esprit, elles risquent de devenir des lieux de confusion. Cependant, si elles sont fondées sur l’amour premier, sur le Verbe, elles deviennent des lieux puissants de visitation divine.
« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous sauront que vous êtes mes disciples » (Jean 13:35, AMPLIFIED). Ce n’est pas la structure qui définit l’Église, mais l’amour qui y règne.
Qui connaît le cœur ?
Qui connaît véritablement le cœur des hommes ? Personne, sauf Dieu. « L’Éternel regarde au cœur » (1 Samuel 16:7, AMPLIFIED). Même avec du discernement, nous ne voyons qu’en partie. Penser que nous connaissons l’autre mieux que lui-même est une illusion qui nous mène à l’orgueil spirituel.
Et pourtant, combien de fois ai-je constaté que des personnes éloignées des églises manifestaient plus d’amour, moins de jugement, plus d’accueil que certains croyants. Cela devrait être un réveil pour nous : Dieu ne cherche pas des religieux, Il cherche des cœurs qui Lui plaisent.
Un cœur qui plaît à Dieu n’est pas un cœur parfait, mais un cœur brisé, contrit, humble, prêt à se laisser enseigner, prêt à aimer. « Le sacrifice agréable à Dieu, c’est un esprit brisé ; un cœur brisé et contrit, ô Dieu, Tu ne mépriseras pas » (Psaume 51:17, AMPLIFIED).
Conclusion : Dieu cherche un cœur, pas la religion
Dieu ne cherche pas nos systèmes, nos traditions, nos habitudes. Il cherche des adorateurs en esprit et en vérité (Jean 4:23, AMPLIFIED). Ce qui Le touche, ce n’est pas une église remplie, mais un cœur humble et vrai.
Un cœur qui plaît à Dieu, c’est un cœur qui sait aimer, qui sait pardonner, qui sait s’excuser, qui choisit de proclamer la vie. Un cœur qui préfère élever l’autre que de s’élever soi-même. Un cœur qui fait du Verbe une source de guérison et non une arme de jugement.
C’est cela que Dieu bâtit : une Église non pas de religion, mais de cœurs transformés par Son amour.
PRIERE
Seigneur, je T’élève aujourd’hui toutes ces personnes qui sont sorties des églises, blessées, incomprises, accusées. Je prie pour que Tu viennes les visiter, les guérir et les ramener à Ton cœur. Aide-moi aussi à ne jamais être une pierre d’achoppement, mais au contraire, un canal de Ton amour. Seigneur, je prie pour que Ton Église, qu’elle soit grande ou petite, qu’elle soit visible ou cachée, soit toujours fondée sur Toi, le Roc. Seigneur, montre-moi comment bâtir dans l’amour, dans la vérité, dans l’humilité, afin que je sois un témoin vivant de Ton Royaume.
Seigneur, je reconnais que je ne connais pas le cœur des autres, Toi seul le sondes. Pardonne-moi quand j’ai cru savoir, quand j’ai jugé, quand j’ai mis une étiquette. Apprends-moi à regarder avec Ton regard, à voir mes frères et sœurs comme Toi Tu les vois. Aide-moi à aimer même quand je ne comprends pas, à accueillir même quand cela me dérange. Seigneur, fais de moi une femme qui reflète Ton amour plus que mes raisonnements. Mets dans ma bouche des paroles de vie, et dans mes yeux la lumière de Ton cœur.
Seigneur, je désire avoir un cœur qui Te plaît. Je T’offre mes blessures, mes orgueils, mes filtres religieux, et je Te demande de les briser. Je veux être une femme selon Ton cœur, pas selon la religion. Apprends-moi à aimer en vérité, à voir mes frères et sœurs avec Tes yeux, à parler avec Ton Verbe de vie et non mes paroles de jugement. Seigneur, rends mon cœur humble, simple, brisé devant Toi, afin qu’il soit un lieu où Tu peux demeurer. Je T’appartiens, et je veux que mon cœur batte à l’unisson avec le Tien.
Seigneur, je T’élève le corps de Christ dans son entier. Merci de mettre sur nos chemins des frères et sœurs qui révèlent la vérité de nos cœurs, qui nous rappellent que nous avons besoin les uns des autres pour grandir. Merci parce que, malgré les blessures, les divisions ou les incompréhensions dans les églises, nous savons que nous sommes aimés par Toi d’un amour éternel. Merci Seigneur pour cet amour qui ne faillit jamais et qui nous unit au-delà de nos différences. Je Te rends grâce pour tout ce que Tu es, pour Ton pardon, pour Ta fidélité, pour la puissance de Ton Verbe.
Car je crois que le Verbe libère, le Verbe construit, le Verbe guérit. Et je choisis aujourd’hui de proclamer la vie avec ma bouche et de marcher dans la vérité de Ton amour.
Et au-delà de toutes ces séparations, nous proclamons que ceci est fini, et qu’il y a maintenant l’unité et l’amour vrai, sincère, rempli de douceur et de prise de conscience. Que chacun sait se regarder soi-même, laver les pieds sales de son prochain et l’aimer en toutes choses et en tout lieu, pour la gloire de Christ manifesté dans le monde. Car dans Ton Royaume, Seigneur, tout est l’opposé du monde.
Amen et AMEN